Affiché initialement le 17 mai 2009 à 16 h 27
Avoir conduit le camion portant le chômage-o-mètre national nous a révélé que les Canadiens partagent la volonté de sauver nos emplois. Que ce soit dans le quartier des affaires de la rue Front au centre-ville de Toronto ou dans le café du coin à North Bay, les gens nous abordent et nous offrent leur appui. D’une certaine manière, c’est dommage que nous ne puissions pas prendre suffisamment de temps pour connaître plus de personnes dans chaque région que nous visitons, mais nous avons un calendrier serré afin de nous rendre jusqu’à la côte ouest en un peu plus de quatre semaines.
Notre dernière journée à Toronto est intéressante. En début d’après-midi, nous sommes au carré Dundas lorsque nous remarquons un renforcement des forces policières en prévision d’une autre marche des Tamouls, rassemblés tout près au parc Queens. Nous avons plusieurs conversations intéressantes avec les policiers de Toronto qui démontrent un réel intérêt pour ce que nous faisons. Plusieurs d’entre eux acceptent des macarons et nous souhaitent bonne chance pour le reste de notre voyage.
Toronto est remplie de toutes sortes de personnes intéressantes. Une femme extraordinaire me parle pendant dix bonnes minutes des effets négatifs de l’externalisation à la banque où elle travaille. Elle signe la pétition, mais elle refuse d’être filmée car elle craint de perdre son emploi alors qu’il ne lui reste que quatre années avant de pouvoir prendre sa retraite. Elle termine notre conversation en prenant ma main et en disant une prière pour bénir notre campagne. Quelle inspiration !
Un monsieur qui vient de perdre son emploi me raconte comment son épouse, qui travaille dans un centre d’appels, craint de perdre à son tour son emploi. Ils éprouvent déjà du mal à joindre les deux bouts et risquent de perdre leur unique source de revenus car l’employeur réduit ses effectifs au Canada tout en augmentant ses opérations internationales. Cet individu passionné est tellement dévoué à notre cause qu’il offre de travailler bénévolement pour nous. Comme nous devons quitter le lendemain, nous ne pouvons pas accepter son offre.
Évidemment, il n’est pas question de quitter Toronto sans vivre une autre mésaventure. Un membre de notre équipe de terrain brise accidentellement la clé de la portière arrière du camion. Le serrurier nous informe qu’il est malheureusement incapable d’ouvrir la serrure Unicel non-standard du camion. Nous passons deux heures à téléphoner à tous les serruriers de Toronto avant qu’on nous réfère à Max, un serrurier mobile indépendant, qui pourrait peut-être nous aider. Nous expliquons à Max la situation dans laquelle nous nous trouvons et il nous assure pouvoir nous aider. Malheureusement, il se trouve présentement à l’hôpital, mais il promet de venir à notre secours dans deux heures.
Finalement, nous attendons autour de quatre ou cinq heures. Max réussit à fabriquer une nouvelle clé aussitôt après avoir examiné les deux morceaux de notre clé brisée. Il s’excuse de son retard en expliquant que sa femme avait subi quelques complications en rentrant chez elle avec son nouveau-né. Nous sommes renversés par sa générosité malgré la situation dans laquelle il se trouve et nous lui serons éternellement reconnaissants. Nos pensées et nos prières sont avec ta famille, Max. Merci !
Nous reprenons enfin la route vers Scarborough, Ontario. Plusieurs membres du Syndicat des travailleurs(euses) en télécommunication viennent à notre rencontre et nous leur montrons le chômage-o-mètre. Ils s’emparent de pétitions, de macarons et d’affichettes pour les partager avec leur équipe. Cela nous fait plaisir de les voir et d’obtenir leur appui.
Prochain arrêt, Barrie. Nous y rencontrons KC Colby, qui réalise un excellent reportage sur le camion pour une station de télévision locale de la CTV (atv.ca). KC appuie pleinement ce que nous faisons et il nous explique comment le marché difficile de l’emploi touche également les médias. C’est super de le voir écrire son scénario puis enregistrer son reportage aussi rapidement. Une chose dont je me rends maintenant compte, c’est que les médias doivent travailler très fort pour aller dénicher des nouvelles et respecter les délais, surtout avec une réduction des effectifs et des ressources dont ils ont besoin.
Nous voilà maintenant à Muskoka, où nous logeons dans un chalet sur le lac Joseph près de Bracebridge. J’ai la certitude que tous les voisins se grattent la tête en voyant arriver dans leur village tranquille un compteur luminescent monté sur un camion. Cette pause nous permet de prendre un repos bien mérité et de faire un bon nettoyage du camion après plusieurs jours de travail acharné à Montréal et à Toronto.
Le lendemain, nous poursuivons notre voyage à travers le nord de l’Ontario en nous dirigeant vers North Bay, où nous rencontrons les reporters du North Bay Nugget qui prennent notre photo devant le café du coin. De là, nous sommes accueillis à Sudbury par des klaxons et des pouces en l’air partout où nous circulons. Nous visitons le Big Nickel, la pièce de cinq cents géante, et nous nous arrêtons à la station de radio KICX Hot New Country pour demander à la population de passer nous voir ou de signer notre pétition en ligne à www.sauvonsnosemplois.ca. Notre choix musical se porte sur « Sweet Thing » de Keith Urban, que nous avions rencontré quelques jours auparavant à la station de télévision Much Music.
Nous recueillons encore quelques signatures à la sortie de la station de radio avant de déguster un bon repas et de reprendre la route en direction de Sault Ste. Marie.